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27 septembre 2021 1 27 /09 /septembre /2021 14:46

« On ne joue pas avec le feu » est une locution bien connue, mais que Maurice Rat, l'auteur du célèbre Dictionnaire des locutions françaises n’a pas jugé utile de répertorier parmi celles qui peuvent susciter des problèmes de compréhension, tant son sens est évident.

Le RDPC, que les mauvaises langues appellent « le parti des flammes », compte tenu de l’image de la flamme qui figure dans son logo, semble aujourd’hui jouer avec le feu au sens propre de cette expression. En figurant le feu parmi les symboles qui constituent son logo, le RDPC ne s’est pas, un seul instant, imaginé que certains de ses militants pouvaient, à travers des flambées de colère, donner à ce symbole une signification politique de nature ignée. C’est pourtant ce qu’on déplore avec la récente opération de renouvellement des organes de base de ce parti. Certains Rdépcistes naguère tout feu tout flamme pour les idéaux de leur parti, font aujourd’hui preuve de pyromanie envers ce dont la construction doit pourtant survivre à la possible disparition de ce grand parti dans le « gouffre d’une barbarie » politique considérablement dévastatrice.

Le fait que des Rdépcistes frustrés aient pris leurs éruptions de colère et leurs flambées de violence pour des formes de revendication pertinentes suscite, même en marge du « parti des flammes », ces quelques interrogations : démocratie et pyromanie sont-elles compatibles, au point qu’on puisse jouer à la fois au démocrate et au pyromane ? Si le parti au pouvoir se met en flammes sous la barbe de son charismatique président national, que nous est-il permis d’espérer, en termes de prospective, quand ce dernier ne pourra plus présider au destin de ce grand parti ?

Ceux qui tiennent désormais à animer par le feu la dynamique du RDPC se trompent de méthode et de dessein. En recourant au symbole du feu, les fondateurs du RDPC voulaient certainement doter ce parti d’un esprit prométhéen. Prométhée a, par philanthropie, volé le feu aux dieux pour le donner aux hommes, non pas pour qu’ils mettent l’humanité en flammes, mais afin qu’ils puissent l’éclairer suffisamment et en assurer, par conséquent, la promotion grâce à l’énergie vivifiante du feu.

 

Prof. Lucien AYISSI

Université de Yaoundé 1 (Cameroun)

 

 

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