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24 septembre 2021 5 24 /09 /septembre /2021 15:17

‘‘So sorry to see increased violence in Cameroon Anglophone conflict. I’ve warned for years that if not resolved conflict will get deadlier and spread. There is no military solution. What’s in the human spirit cannot be extinguished with force.’’ C’est le message empreint de bienveillance et fort teinté d’humanisme qu’il a posté, le 21 septembre 2021, dans son compte Twitter. La traduction qu’en donne Opera News est la suivante : « Je suis désolé de voir la violence accrue dans le conflit anglophone au Cameroun. J’ai prévenu depuis des années que si le conflit n’est pas résolu, il deviendra plus meurtrier et s’étendra. Il n’y a pas de solution militaire. Ce qui est dans l’esprit humain ne peut être éteint par la force. »

On peut penser que les États-Unis qui ont vécu la triste expérience de la guerre de Sécession sont très bien placés pour dispenser aux autres pays du monde les leçons politiques qu’ils ont tirées d’une pareille guerre et leur dévoiler les stratégies qu’ils ont élaborées pour la gagner.

Mais comment peut-on interpréter la défaite des Sudistes à la lumière du tweet de Monsieur Tibor Nagy ? Autrement dit, pourquoi les Sudistes américains ont-ils été militairement contraints à rester dans l’union ? Ou bien, il n’y avait rien dans leur esprit qui pût les motiver à faire valoir efficacement leurs desseins politiques, ou bien les vainqueurs avaient réussi l’exploit singulier d’éteindre par la force la flamme idéologique des confédérés. On peut donc penser que si la guerre de Sécession américaine ne s’est pas amplifiée et n’a pas été davantage meurtrière, c’est pour l’une ou l’autre de ces deux raisons.

À moins de penser, à partir des hypothèses tout à fait improbables, que les Sudistes ont été militairement défaits soit parce qu’ils n’avaient pas d’esprit, soit parce que leur esprit était vide de tout contenu idéologique, on a vraiment du mal à bien comprendre l’expression du pacifisme bienveillant d’un responsable politique de l’État le plus belliciste du monde.

En plus, le syndrome de Cassandre dont semble souffrir Monsieur Tibor Nagy est très inquiétant : comment sait-il que la guerre du NOSO s’étendra dans l’espace et sera plus meurtrière dans le temps ? Seul un pyromane peut se prononcer pertinemment aussi bien sur l’ampleur de l’incendie qu’il a provoqué que sur l’étendue des dégâts qu’il peut occasionner. Enfin, la sémantique de pyromane à laquelle recourt Monsieur Nagy, lorsqu’il se sert notamment du verbe « éteindre », le dénonce comme tel.

 Ce qu’on attend peut-être d’un Tibor Nagy ou d’autres âmes apparemment capables de la même bienveillance et du même humanisme, ce ne sont pas des leçons de pompier-pyromane, mais plutôt celles qui peuvent permettre d’éviter que le monde soit constamment le théâtre macabre de ce que Homère appelait tantôt la « mêlée brutale », tantôt la « mêlée atroce ».

Ce qui est sûr, c’est que les États-Unis d’Amérique sont très mal placés pour dispenser aux autres États souverains des leçons politiques propices à la réalisation de « la paix perpétuelle » dans notre monde.

 

Prof. Lucien AYISSI

Université de Yaoundé 1 (Cameroun)

 

 

 

 

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