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21 septembre 2021 2 21 /09 /septembre /2021 09:58

Armé jusqu’aux dents, et pouvant également se servir de celles-ci comme armes additionnelles, en cas de besoin, le gifleur se serait autorisé à infliger au sycophante une leçon mémorable dans la journée du 20 de ce mois et de cette année. Pour justifier à cette punition à laquelle il aurait recouru, suivant son caprice et non conformément aux normes publiques de référence censées régir une République digne de ce nom, le gifleur aurait tablé sur la l’addiction du sycophante à la provocation inconsidérée, son refus d’obtempérer, sa passion pour l’invective et la calomnie, son incitation à l’insurrection.

Face à ces multiples chefs d’accusation, le sycophante allèguerait qu’il peut s’autoriser tout cela en vertu de son statut. Ce dernier lui donnerait le droit de dénoncer ce qu’il prend pour les tares de la Cité, et même de vouer un culte à Éris, la déesse de la discorde. Fort du privilège dont il croit devoir jouir du fait de son statut d’« expert en discernement », le sycophante pense pouvoir s’arroger le droit de transgresser les normes civiles en vigueur, au motif qu’elles relèveraient d’un conformisme castrateur et d’un conventionnalisme néfaste au progrès de la Cité.

Dans l’un et l’autre cas, on assiste évidemment à la fictionnalisation du droit et, par conséquent, à la mise à la casse des normes publiques de référence sans lesquelles nous serions tous de petites « brutes anthropomorphes » qui se dévoreraient dans une jungle dominée par une sévère crise de l’humanité et de la citoyenneté.

 

Prof. Lucien AYISSI

Université de Yaoundé 1 (Cameroun)

 

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