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Ce blog comporte des articles scientifiques et des opinions sur le cours du monde.

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Les récits liés au décès d’Alain Amobé Mevegue

 

Le décès d’Alain Amobé Mevegue assure au narratif une prospérité à la mesure de la notoriété du disparu. L’essentiel de ce narratif se fonde sur la question rhétorique ainsi formulée : « Qui a tué Alain Amobé Mevegue ? » Ceux qui se la posent depuis que ce célèbre journaliste est décédé ne le font que pour la forme, persuadés qu’ils sont, en marge de toute autopsie, que cet homme valeureux a été soustrait à la vie par de malins génies qu’ils sont d’ailleurs prêts à désigner.

Certes, à partir de la question liée à la détermination du genre de mort, il est aussi possible de répondre à celle portant à l’identification du meurtrier éventuel du défunt. La préférence marquée de la plupart d’entre nous pour la question relative à l’identification du meurtrier par rapport à celle qui se rapporte à la détermination du genre de mort est l’expression du refus symbolique de la mort. Il nous est effectivement difficile d’accepter la mort qui arrache à la vie, et sans préavis, ceux que nous aimons et auxquels nous souhaitons l’immortalité, mais dans l’oubli que la mort est si inscrite dans l’ADN de la vie que tout être vivant est condamné à mourir. La triste vérité, c’est que tout être vivant est constitutionnellement sujet à mourir. Or, tous les hommes (riches, pauvres, puissants, faibles, etc.) font partie de la classe des êtres vivants, donc tous les hommes sont condamnés à mourir sans que cela soit nécessairement le fait ou la faute de malins génies du village ou du quartier.

Prof. Lucien AYISSI

Université de Yaoundé 1 (Cameroun)

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