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Le racisme est si ancré dans l’ADN politique du parti de Marine Le Pen qu’il a survécu à la mutation que cette importante formation politique a symboliquement opérée au cours du congrès de Lille, en mars 2018. L’expression du racisme de Grégoire de Fournas, député du Rassemblement national (RN), en pleine Assemblée nationale française, est la preuve par le comportement que ni le changement de dénomination ni le temps ne parviennent à avoir raison du racisme foncièrement caractéristique de l’idéologie de l’ex-Front national (FN) qui, pour cela, a raté sa mue politique en devenant le Rassemblement national.
Obsédé, à la limite de la pathologie, par le thème de la pollution identitaire dont la France serait victime du fait des immigrés, Grégoire de Fournas a, tout député qu’il soit, perdu de vue que l’expression de ses représentations de raciste sont, eu égard à leur caractère anachronique, loin de concorder avec l’éthique et la déontologie de son Parlement d’appartenance. En plus d’avoir affiché son racisme au sein de cette institution, il s’est montré insultant envers l’intelligence de ses collègues lorsqu’il a cru pouvoir les berner avec un pronom personnel amphibologique, en donnant notamment, le 03 novembre 2022, l’impression de parler plutôt du bateau des migrants que de Carlos Martens Bilongo, le député de la France Insoumise qu’il a enjoint de rentrer en Afrique, bien que ce jeune député noir soit de nationalité française.
En péchant par atavisme idéologique en pleine Assemblée nationale française, Grégoire de Fournas a permis de comprendre que tous ceux qui ont cru que le passage du FN au RN s’accompagnera d’une réelle mutation idéologique se sont considérablement trompés. Ceux qui ont péché par naïveté en s’imaginant qu’une telle mutation symbolique sera, pour le parti de Marine Le Pen, l’occasion d’une véritable cure de dédiabolisation politique, ont effectivement été victimes de la superstition qui consiste à se figurer qu’il existe entre le mot et la chose une relation de parité si naturelle qu’il suffit de changer le mot pour modifier la chose qu’il symbolise.
Lucien AYISSI
Philosophe