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L’invasion de la maison du peuple américain, non pas par des vagues de criquets migrateurs prêts à doter les archives de cette prestigieuse institution d’un intérêt alimentaire, mais plutôt par une horde de trumpistes hargneux et très remontés contre les prétendus voleurs de la victoire de leur champion a surpris tous ceux qui prenaient jusque-là les États-Unis d’Amérique pour le modèle de démocratie sur lequel tous les autres pays doivent se référer et se régler pour le bien de leur gouvernance.
C’est fort de cette belle légende politique dont les États-Unis d’Amérique se sont toujours bien drapés, qu’ils s’autorisent à se constituer directeurs de la conscience globale et à s’arroger le droit de régenter le monde comme il leur plaît.
Ce qui s’est passé hier au Capitole, probablement loin de la roche tarpéienne, permet de douter que le modèle américain soit tout à fait différent des références politiques à la face desquelles il s’est toujours présenté comme le paradigme absolu. Le thème de la victoire volée est une topique dont Monsieur Donald Trump a consacré l’universalité en devenant le disciple de beaucoup de candidats malheureux à l’élection présidentielle organisée dans tel ou tel « pays de merde ».
Que les États-Unis d’Amérique se fassent aujourd’hui politiquement morigéner, à l’instar des Républiques bananières, par la plupart des autres pays du monde, personne ne pouvait l’imaginer. Que l’arrogance jupitérienne avec laquelle ils règnent sur notre planète fasse subitement place nette à la honte et à l’humiliation n’est rien d’autre que le symptôme du déclin de cet empire. À cette occasion, nous devons nous rappeler, à la suite de Jean-Baptiste Duroselle, un célèbre historien français, que tout empire est nécessairement condamné à périr.
Prof. Lucien AYISSI
Université de Yaoundé 1-Cameroun