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Ce blog comporte des articles scientifiques et des opinions sur le cours du monde.

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La vie et la mort

S’il est possible de discourir sur la vie, cette dynamique biologique dont tous les vivants font preuve, et dont la dimension humaine a tendance à l’hégémonie, la mort est, à en croire par exemple Épicure, ce qui est tout à fait ineffable par celui qui est encore en vie. Comment l’homme, pourrait-il discourir pertinemment sur ce qui relève du non-encore-là ? Tout discours portant sur ce dont il ne peut jamais avoir l’expérience personnelle se condamne donc à n’être qu’une pure spéculation.

Mais si Épicure a raison de souligner la difficulté qu’on éprouve à discourir sur sa propre mort, compte tenu du fait que le mort ne peut ni décrire ni déplorer sa propre perte, l’expérience de la mort d’autrui permet de surmonter cette difficulté. C’est elle qui permet de se rendre compte que la vie et la mort se rapportent sur le mode d’une relation paritaire dont la nécessité est absolue ; l’une ne va jamais sans l’autre. Par conséquent, celui qui ne tient pas à mourir, doit préalablement se garder de prendre son inscription dans la classe des vivants. Mais comment pouvoir le faire quand on sait que la vie est donnée et non élaborée par le vivant, et qu’elle relève, comme la mort, de la nécessité et non de la contingence ?

Bien que l’une n’aille jamais sans l’autre, la vie est une dynamique à laquelle la mort impose un arrêt brutal. Comme toutes les brutes, la mort ne sollicite jamais le consentement de celui dont elle ruine la vie lorsqu’elle porte un coup d’arrêt à ses projets. En s’autorisant à imposer sa loi macabre à tous les êtres vivants, elle leur rappelle ce qu’ils ne devraient jamais oublier, à savoir la nécessité et l’universalité de leur égalité constitutionnelle : si la mort sévit inexorablement dans la démographie des biens portants et des malades, des riches et des pauvres, des puissants et des faibles, des prédateurs et des proies, c’est pour leur rappeler que le fait qu’ils soient des vivants les condamne, sans aucune exception, à mourir. Le fait que certains êtres vivants soient en mesure de différer la sentence de la mort ou puissent s’euthanasier dans un espace-temps délibérément choisi par eux ne remet pas en cause cette vérité.

Qu’est-ce qui peut donc justifier l’arrogance jupitérienne des maîtres du monde qui se plaisent à répandre la mort et l’horreur à travers leurs multiples projets de guerre perpétuelle ? Puisque la vanité de la puissance et de l’arrogance est évidemment attestée par la mort dont la nécessité et l’universalité sont avérées, les hommes devraient apprendre non seulement à être humbles, mais aussi à se rapporter sur le mode de l’égalité et de la fraternité.

 

Lucien AYISSI

Philosophe

 

 

 

 

 

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