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Ce blog comporte des articles scientifiques et des opinions sur le cours du monde.

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La théodicée leibnizienne à l’épreuve du pathos et de thanatos

La volonté de Dieu est-elle toujours aussi bonne que le prétend Leibniz dans son Discours de métaphysique ? À cette question qui ne cesse de tarauder mon esprit chaque fois que je sors de l’hôpital ou du cimetière où le mal apparaît toujours dans toute son obscénité et son atrocité, ce philosophe mathématicien et théologien allemand répond par l’affirmative. D’après lui, bien que Dieu soit l’auteur de tout, il ne répond pas du mal. S’il le permet, il ne le veut pas. Ce plaidoyer en faveur de Dieu face au scandale du mal reprend, en quelque sorte, la théodicée cartésienne avant la lettre : d’après Descartes, Dieu est trop parfait pour tromper ou pour se tromper. L’imperfection qui est le fait ou la faute du moi, ne peut donc pas lui être imputée.

Mais si, comme le prétend Leibniz, le mal relève de la permission et non de la volition de Dieu, qui, en dehors des masochistes et des suicidaires dont la démographie est d’ailleurs très pauvre, peut bien vouloir souffrir ou mourir ? À l’épreuve du pathos et de la mort, la thèse de la bonté absolue de Dieu s’avère non pertinente. La bonté de Dieu est effectivement en contradiction avérée avec les drames et les tragédies dont le monde qu’il a créé est constamment le théâtre.

Lucien AYISSI

Philosophe

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