Ce blog comporte des articles scientifiques et des opinions sur le cours du monde.

Ce que j’ai remarqué, c’est que le conflit entre le profane et le sacré oppose de plus en plus sa résistance à la volonté impériale de chronos. Cette fois, je crains de dire que c’est le profane qui a encore eu raison du sacré, dans la mesure où, tout au moins dans la plupart des quartiers de la ville de Yaoundé, c’est moins la musique religieuse que certaines chansons « de Sodome et de Gomorrhe » (l’expression est d'Hubert Mono Ndjana), comme « Coller la petite », « Envie de … », etc. qui étaient, acoustiquement parlant, très dominantes. Comment interpréter le fait que ces chansons grivoises aient pu envelopper, au point de les dominer, celles dont la prospérité était, pour la circonstance, fort attendue ?
En laissant aux sociologues et aux psychologues le soin de faire prévaloir leur compétence relativement à la résolution de ce genre de problèmes, je remarque que Noël est de plus en plus un prétexte historique pour faire prospérer l’hédonisme et le consumérisme. Mise depuis belle lurette au service du « Divin marché » (l’expression est de Dany-Robert Dufour), la fête de la Nativité est tout à fait dépourvue de son sens initial. La « gastro-culture » et les autres orgies qu’elle fait prospérer, nous amènent désormais à nous interroger sur sa pertinence théologique et éthique. En attendant de répondre décisivement à cette question, nous avons le regret de constater le triomphe sans pareil du profane sur le sacré à l’occasion de la fête de la Nativité.
Professeur Lucien AYISSI
Université de Yaoundé I (Cameroun).