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Ce blog comporte des articles scientifiques et des opinions sur le cours du monde.

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Philosophie de la vie et éthique de l'altérité face aux défis du sida

PHILOSOPHIE DE LA VIE ET ÉTHIQUE DE L’ALTÉRITÉ FACE AUX DÉFIS DU SIDA

INTRODUCTION

 
S’il n’existe pas encore ce qu’on pourrait appeler la philosophie du sida, une réflexion bioéthique, géronto-éthique et thanato-éthique centrée sur ce phénomène est indispensable, dans la mesure où le sida, plus précisément celui qui se transmet par voie sexuelle, n’entretient pas seulement la peur de la mort dans les consciences ; il s’accompagne aussi des défis que l’humanité doit relever par rapport à son aspiration à bien vivre, à bien vieillir et à bien mourir. La philosophie de la vie et l’éthique de l’altérité censées pouvoir relever les multiples défis que le sida lance à une humanité soucieuse de persévérer dans son être et d’améliorer l’expression de la qualité de sa vie dans le temps et dans l’espace, doivent, si elles veulent être pourvues de sens et de pertinence, produire des solutions appropriées aux problèmes d’ordre métaphysique, hédoniste et eudémonique qui se posent à l’homme, tant le traitement de la question des aphrodisia se rapporte non seulement au souci relatif à la préservation de l’être humain dans le temps, mais aussi à celui de la place que le plaisir sexuel doit occuper dans la construction de l’humanité de la vie et dans la quête du bonheur.

Nous n’allons donc pas nous intéresser à la problématique génétique du VIH/SIDA. C’est pourquoi nous ne nous poserons pas, suivant les termes de Leibniz, la question de savoir s’il s’agit d’un mal métaphysique, physique ou moral, car nous pensons que les défis de cette pandémie ne peuvent pas être suffisamment relevés par l’humanité si celle-ci se contente de dire, par exemple, que le sida a une origine métaphysique, donc qu’elle est due à notre finitude. L’établissement de son origine métaphysique, physique ou morale n’est pas d’un grand intérêt dans la résolution du problème du conatus. Il ne s’agira pas non plus de procéder à la phénoménologie de l’expérience du sida, de la souffrance et de l’angoisse dont cette pandémie est nécessairement assortie. Sans prétendre que la problématique théologico-métaphysique qui articule le souffrir au faillir est dépourvue de sens, nous allons l’éviter, car notre dessein est surtout de soumettre à la sanction de la philosophie de la vie et de l’éthique de l’altérité le rapport de la conscience bien portante à la conscience malade ou infectée par le VIH/SIDA, dans un contexte encore défini par la crise des certitudes scientifiques et thérapeutiques dans la résolution du problème de santé que pose cette pandémie.

Pr Lucien Ayissi

Université de Youndé 1

 

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