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En allant en guerre, à la limite de la connivence, contre les djihadistes qui ont investi le Nord du Mali, la France, qui a pourtant officiellement opposé une fin de non-recevoir à l’appel de détresse de François Bozizé, fait si politiquement bonne figure, qu’elle laisse croire qu’elle est tout à fait dans son rôle, celui de défenseur des libertés et des droits de l’homme dans le monde. En cherchant à contenir, dans la mesure du possible, les effets de la pyromanie politique inconsidérément suscitée par Nicolas Sarkozy en Libye, la France donne l’impression d’assumer la responsabilité politique de ses actes.
Mais, jusqu’où pourra-t-elle faire preuve de responsabilité politique, quand on sait qu’elle a instrumentalisé, contre la Libye de Mouammar Kadhafi, le djihadisme dont elle donne aujourd’hui l’impression de combattre le terrorisme au Nord du Mali ? En finançant actuellement le même djihadisme dans le procès de destruction de la Syrie, la France ne l’accuse curieusement pas de terrorisme.
Dans l’espoir que le pays de François Hollande ira jusqu’à s’attaquer au Qatar, le principal bailleur de fonds du djihadisme, et qu’il s’investira, s’il le faut par les armes, dans la libération de la Palestine, je trouve que l’inconséquence politique de son pragmatisme est si considérable qu’elle le place aujourd’hui dans la situation du serpent ou du scorpion qui se mord la queue.
Pr Lucien AYISSI
Université de Yaoundé I (Cameroun)