Celui qui, en dépit de l’importance politique de sa charge, ne s’embarrasse pas de scrupules pour traiter publiquement les autres de « couillons », et dont les mœurs défraient la chronique et occupent les prétoires, vient d’être agressé par M. Massimo Tartaglia, un sujet de psychiatrie. Le sort a-t-il, en vertu du principe de proportion, ironiquement voulu que ce soit un sujet de psychiatrie qui s’occupe (et comment ?) de son alter ego ? On peut, sans faire preuve de cynisme ni manquer de déférence à la présidence du Conseil italien, être enclin à le croire. Si un clou chasse l’autre, pourquoi un fou n’en agresserait-il pas un autre ? C’est vrai qu’il est inutile de se faire aimer des malades mentaux. Mais, le sentiment de détestation que les Italiens éprouvent de plus en plus à l’égard de la personne de M. Sylvio Berlusconi est-il devenu si important qu’il soit également éprouvé par les malades mentaux ? Une chose est sûre, c’est que M. Massimo Tartaglia a, malgré ses regrets, réussi son coup : ne voulant plus voir celui qui devrait, comme lui, fréquenter les psychiatres, continuer de faire preuve d’arrogance à la tête du Conseil italien, il s’est résolu à le soumettre au principe sanitaire de l’hospitalisation immédiate.
Pr Lucien AYISSI
Université de Yaoundé 1 (Cameroun)