Si on peine à trouver, au Sommet de Copenhague, la formule de compromis destinée à réduire le réchauffement de la planète, c’est certainement parce que dans un monde subjectif, chacun essaie de mettre en avant son petit système de valeurs. C’est aussi dans ce monde que le voyoutisme politique des États pollueurs apparaît nettement. À l’heure où il s’agit de prendre d’importantes décisions sur le devenir d’un monde qui risque de n’avoir plus d’avenir si nous continuons d’exercer sur lui une si néfaste pression anthropique, les États pollueurs sauront-ils faire preuve d’éthique de responsabilité ? C’est difficile à dire quand on sait que le voyoutisme politique de ces États pollueurs consiste principalement à sacrifier inconsidérément l’avenir du monde sur l’autel de leurs préférences économiques du moment, comme s’ils tenaient à tout prix à frapper d’inopérationnalité éthique le concept jonassien d’« heuristique de la peur ». L’État voyou (Rogue State) n’est donc pas seulement celui qui refuse de laisser sa souveraineté se dissoudre dans les catégories politiques des maîtres du monde ou qu’on accuse de posséder les armes de destruction massive. C’est aussi et surtout l’État qui pille et pollue inconsidérément la planète, de manière à mettre l’humanité tout entière en péril.
Pr Lucien AYISSI
Université de Yaoundé 1 (Cameroun)