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« On aime la France ou on la quitte ». Cette petite phrase de Nicolas Sarkozy a une part de vérité, même si sa formulation par ce Français de souche étrangère s’adressait exclusivement à ses compatriotes d’origine arabo-africaine. Placés devant ce genre de dilemme, ceux qui n’aiment plus la France parce qu’ils ne tiennent pas à voir leur fortune s’amenuiser du fait de la boulimie fiscale d’un État financièrement en difficulté, se résolvent à la quitter pour la Suisse, la Belgique, la Russie, etc.
La brèche que vient d’ouvrir Vladimir Poutine en donnant la nationalité russe à Gérard Depardieu a de fortes chances d’être agrandie par ceux qui, craignant par exemple d’être l’objet, au Cameroun, de poursuites judiciaires pour cause de détournements des deniers publics, pourront solliciter la nationalité afghane ou pakistanaise pour se la couler douce dans les zones tribales, c'est-à-dire là où ils seront tout à fait hors de portée des griffes de l’ « Épervier ».
En espérant que Gérard Depardieu ne se naturalisera pas chinois, birman, libyen, égyptien ou syrien une fois qu’il sera en situation de désamour fiscal avec la Russie, je regrette qu’il n’ait pas choisi le Cameroun où l’on parle, en plus de l’anglais, sa propre langue maternelle.
Comment pouvoir stabiliser une nationalité française qui vagabonde au gré des humeurs de certains citoyens français ? C’est à François Hollande d’apporter à cette question une réponse appropriée.
Au-delà de la crise du patriotisme qui sévit de plus en plus dans la démographie des Français fortunés, il y a lieu de reconnaître, enfin, l’universalité de la figure de l’immigré. Comme on le constate, ce dernier n’est pas nécessairement le Rom, l’Africain, le Mexicain, etc. dont le rêve le plus séduisant est de vivre en France, en Angleterre, en Suisse, en Allemagne ou aux États-Unis. C’est aussi celui dont l’exode est motivé par le rêve de protéger efficacement sa possession contre le pouvoir fiscal d’un État devenu, à ses yeux, un véritable prédateur financier.
Pr Lucien AYISSI
Université de Yaoundé I