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Ce blog comporte des articles scientifiques et des opinions sur le cours du monde.

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Le sens que les violeurs ont voulu donner au corps de "la fille de l'Inde"

professeur_ayissi.jpgEn se mettant à plusieurs, exactement comme les salauds de Sartre, et en plus dans un bus, pour disposer du corps d’autrui, dans le sens de lui extorquer les aphrodisia indispensables au contentement de leurs appétits, les violeurs de celle qu’on appelle désormais « la fille de l’Inde », ont, par l’expression hypersauvage de leurs pulsions sexuelles, remis au goût du jour la question de la représentation de la femme et de son corps. Conscients de leur incapacité à construire, en toute parité, un commerce charnel avec l’altérité, les violeurs réduisent le corps de celle-ci à un simple pâturage sexuel dont la jouissance n'est aucunement subordonnée à son approbation. Quand le corps de la femme n’est pas réduit à une sorte de pré charnel où les violeurs peuvent se permettre de paître à plusieurs, même dans un bus, c’est-à-dire au su et au vu des autres passagers, il est souvent assimilé à un vulgaire égout séminal fort disponible dans telle ou telle maison close. Fallait-il qu’il y ait ce cas qui est la métaphore des viols dont l’histoire surabonde d’exemples pathétiques, pour que les dirigeants de l’Inde se résolvent finalement à résoudre un problème qui se pose pourtant dans leur pays avec la fréquence d’un phénomène banal et rituel ? La très grande mobilisation des citoyens indiens et l’indignation du reste de l’humanité contre cette hypersauvagerie anachronique pourront-elles aider à la construction d’une éthique de l’altérité destinée à promouvoir une meilleure perception de la femme et de son corps ? Au-delà de la question relative à la représentation du corps de la femme et à la chosification de cette dernière par les violeurs potentiels ou réels, il se pose le problème de la condition de l’opprimé dont la femme est l’une des figures emblématiques dans ce monde dont les prédateurs se rendent de plus en plus maîtres et possesseurs.

 

Pr Lucien AYISSI

Université de Yaoundé I (Cameroun)

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