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Ce blog comporte des articles scientifiques et des opinions sur le cours du monde.

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Les élucubrations d'un petit tribaliste du nom de Franklin Nyamsi

 

A  propos des Notes de lectures du Camarade J.A. Awoumou : un exercice très périlleux de cynisme critique

 

 

 

            Une fois n’est pas coutume. Le Comité de Rédaction des sites Web de l’UPC dont je suis le rédacteur en chef se permet de  signaler au Camarade Awoumou que le contenu de ses Notes de lectures ne peut être en l’état publié sur nos sites parce qu’en partie, elles s’attaquent publiquement à un cadre de l’UPC des Fidèles ; et d’autre part, elles comportent de nombreuses inexactitudes, voire de terribles contre-vérités sur l’histoire des idées africaines, et en particulier sur le statut de la pensée du philosophe d’apparence marxiste-léniniste Charles Romain Mbelé, professeur à l’ENS de Yaoundé et membre de la nébuleuse marxisante pro-rdpciste de Marcien Towa.  Nous nous permettons d’insister auprès des Camarades qui font des notes de lecture pour nos sites qu’elles ne doivent pas souffrir de ces défauts (attaques délibérées d’autres upécistes, graves inexactitudes historiques et conceptuelles, travestissement de la réalité des processus politiques nationaux). Nous sommes donc contraints de prouver au Camarade JA Awoumou que ces défauts sont très clairement illustrés dans ses dernières Notes de lectures.

 

 

I

A propos de l’article sur le livre du Camarade Yagnyè

 

            1. Nous pensons que la manière dont le livre est présenté par le Camarade ne peut qu’étaler devant le public camerounais, les divergences qui opposent le Camarade Yagnyè à la direction actuelle de l’UPC. Il est clair que ces divergences ont quelque relent idéologique, même si au fond, seuls quelques uns de nos dirigeants – je n’y compte pas Jean-Arthur Awoumou, qu’il me concède cette précision - sont conceptuellement armés pour discuter du marxisme-léninisme, du capitalisme ou de l’histoire des idées politiques avec des penseurs professionnels. Le texte de 2009 du Camarade SG (L’UPC, le marxisme-léninisme et le communisme)  sur cette question idéologique a du reste clairement indiqué l’erreur funeste qui fut commise en 1982, quand des Camarades au faîte de leur illusion se permirent de déclarer urbi et orbi que le marxisme-léninisme était la doctrine politique officielle de l’UPC. Notre Programme Politique de 2008 a aussi bien arbitré cette question, car aucun spécialiste de sciences politiques au monde ne saurait aujourd’hui dire que l’UPC défend un projet politique marxiste-léniniste en 2010. L’orientation de la communication politique upéciste actuelle nous semble être de penser l’expérience camerounaise avec toutes les leçons de toutes les familles de pensée, sans l’inféoder – officieusement ou officiellement – à une seule d’entre elles. Qu’on nous dédise si nous nous trompons, et qu’on nous dise donc si finalement…on en reviendrait bientôt à l’erreur – le terme est du Camarade SG -  de 1982. Ceux qui ont du reste nié que l’upécisme soit un humanisme issu de notre expérience historique sont encore en peine de nous le définir autrement à ce jour. Et si l’on tient à en discuter sérieusement, peut-être faudra-t-il prendre résolument les camerounais à témoin ? A voir.

 

            2. Une raison plus pratique nous contraint à surseoir à la publication de ces Notes sur le livre du Camarade Yagnyè. Nous ne pensons pas que la ligne éditoriale de nos sites consiste à étaler de telles divergences devant les non-upécistes. Si une telle tradition avait été retenue, tous les livres publiés par des upécistes ou ex-upécistes (Moutoudou, Yana, Moukoko, Massaga) pourraient subir le même traitement critique sur les sites de l’UPC, ce qui ne contribuera pas nécessairement à améliorer l’image du Parti à l’extérieur. Nous croyons cependant encore à la consigne demandant que le débat intérieur soit puissant dans le parti, afin d’affiner les positions des uns et des autres par une saine prise en compte des objections franches qui seront adressées par des camarades à leurs livres.

 

3. La méthode même des Notes de lectures du livre du Camarade Yagnyè par le Camarade J.A. Awoumou pose problème.  Il indique des griefs sans prouver par le texte qu’ils sont fondés dans les faits. Du reste, aucune critique du Camarade Awoumou n’est fondée sur un argument tiré explicitement du livre qu’il dit lire.

 

Exemple 1 : J.A  Awoumou (JAA) : « L’auteur n’ose le dire, mais décrypte à tort le règne de Kabila selon la version des alliés des puissances capitalistes du Congo ».   

 

Questions à JAA : quelle version ?  A quelles pages  ou parties du livre de l’auteur ?  En quels termes ? Les accusations gravissimes doivent être prouvées instamment.

 

Exemple 2   Texte de JAA: « on est surpris que l’auteur édulcore la responsabilité des puissances capitalistes du drame africain en pointant à tort la Guerre Froide… on est surpris qu’il pense que les USA devraient aider les peuples africains… »

 

Questions à JAA : en quels termes et à quelles pages cette édulcoration-a-t-elle lieu dans le livre du Camarade Yagnyè ? La Guerre Froide n’a-t-elle joué aucun rôle dans l’attitude des puissances capitalistes en Afrique ? A quelles pages le Camarade Yagnyè prétend-il que seule la Guerre Froide est l’unique responsable du drame africain ?  Non, Camarades, dire que la Guerre Froide fut l’une des allégations des puissances capitalistes pour éliminer nos leaders, c’est être dans la vérité de l’Histoire et ce n’est pas réduire l’Histoire à la seule invocation de la Guerre Froide. Ne faisons pas feu de tout bois pour alimenter vainement nos positionnements stratégiques internes dans l’UPC. Ne sacrifions pas la vérité à l’efficacité cynique.

Mais enfin, l’UPC compte-t-elle gouverner le Cameroun sans tenir compte de la puissance américaine ? Sans négocier quoique ce soit avec elle ? Espérons-nous ou sommes-nous certains de la neutraliser par une autre grande puissance, du style Chine ou Russie ? Quel exemple louable pouvons-nous invoquer en ce sens dans ce 21ième siècle ? A quelle stratégie obéit la logique de « l’américanisation systématique » des Camarades qui ne voient pas TOUT en termes manichéens ? L’UPC des Fidèles serait-elle en passe de devenir une machine à exclure systématiquement ceux qui ne sont pas d’accord pour pouvoir être aisément d’accord avec elle-même ? A quel style répond cette manière de nier des évidences dès lors qu’elles sont dites par quelqu’un qu’on combat par ailleurs pour d’autres raisons légitimes et illégitimes ?

 

Exemple 3 Texte de JAA : « On est étonné qu’il (Le Camarade Yagnyè)  soit complaisant vis-à-vis des groupes douteux mis sur pied par le régime de Yaoundé, se réclamant frauduleusement de l’UPC. »

 

Questions à JAA : Peut-on, 20 ans pratiquement après le retour de la Direction historique de l’UPC au Cameroun, se contenter du bilan négatif des autres groupes upécistes comme preuve du bilan positif de l’UPC des Fidèles ?  Suffit-il de n’avoir pas pactisé avec le régime de Yaoundé pour avoir rempli son rôle d’organisation de lutte nationaliste, révolutionnaire, démocratique et pluraliste pour la restauration de la souveraineté du Peuple Camerounais ?  Au moment donc où la complaisance alléguée du Camarade Yagnyè avec les autres groupes upécistes est taxée d’étonnante, que dit notre Camarade JAA de la « complaisance » nouvelle  de notre Direction des Fidèles envers le Manidem des Ekanè, Abanda Kpama (ancien directeur de la MUDEM, une mutuelle d’investissement créée par des Upécistes et dont il assurait la gestion. Nous savons comment cette affaire s’est terminée.) et consorts, qui ont autrefois laissé l’UPC en rase campagne ?  Ces questions sont suffisamment sources de désaccords entre les upécistes de notre Groupe eux-mêmes pour que nous nous permettions d’exposer la seule interprétation d’un cadre du Parti sur nos sites, comme s’il y avait unanimité de principe sur les allégations claniques de ses Lectures. L’enjeu de cette attaque publique du Camarade Yagnyè par le Camarade Awoumou serait-il la lutte contre la Commission de Recherche du Consensus entre les upécistes ? Encore une démarche qui ne reflète pas l’esprit d’apaisement qui préside à la gestion de notre expression publique.

 

            Non, Camarades. Publier ces  Notes de lectures sur nos sites, c’est changer tout ce qui en faisait la cohérence jusqu’ici. C’est ouvrir la boîte de Pandore aux lynchages publics des livres upécistes par des lecteurs upécistes eux-mêmes, sur des sites upécistes. Cet exercice critique requiert par ailleurs des compétences que les théoriciens de l’intelligence qui « doit se fondre dans le Groupe » sont loin de distribuer à tous par la seule magie de leur propre fonte au soleil de la difficulté théorique. J’ai organisé à Paris récemment, avec les Camarades de la Section de France, une présentation des livres de nos Camarades Upécistes Moutoudou et Yana Yana. A-t-on vu paraître sur nos sites une recension cynique de leurs livres par qui que ce soit ? Pourquoi les néglige-t-on et ne s’intéresse-t-on qu’à ceux des camarades par ailleurs contestés parce qu’ils ont des conflits avec certains de nos dirigeants ?

            Si la Direction, tient donc à faire publier ces Notes de lectures, qu’elle les assume en les signant comme communiqués officiels, au lieu de laisser seulement le Camarade les signer en tant que membre du BCD. Nous les publierons instamment si la Direction les signe. Mais alors, nous serons en droit de publier également les présentes remarques critiques, puisqu’en s’autorisant à critiquer publiquement ainsi les livres des upécistes, la Direction autoriserait tout upéciste à critiquer publiquement les critiques de la Direction. Et tralala…Je ne crois pas que cette hypothèse soit dans notre intérêt commun bien compris.

 

 

 

II

A propos du texte de Charles Romain Mbélé : un penseur pro-rdpciste notoire, convoqué contre des penseurs et chercheurs de qualité.

 

           

 

            Je rappelle ici que par l’entremise d’amis philosophes qui en préparent une recension objective,  j’ai eu accès il y a plus d’un mois en version PDF, au texte de Charles-Romain Mbélé (CRM) ici adoubé par notre Camarade Jean Arthur Awoumou (JAA). Je connais cette bande de marxisants universitaires accroupis à l’ombre du biyaïsme, comme très peu d’upécistes. Mais, contrairement à JAA, j’ai aussi lu Eboussi Boulaga et Mbémbé qu’il classe dans le clan infâme des exploiteurs des peuples africains. Et il est clair que JAA ne les a pas lus ou que s’il les a lus, il ne les a pas compris ou fait semblant de ne pas les comprendre.  J’eus autrefois Towa, Ondoua, et d’autres crieurs de Marx du genre Mono Ndjana comme enseignants. Ils ont tout répété de Marx sauf fait ce que Marx faisait : une critique de la domination locale, à la fois en ses enracinements endogènes et exogènes. Ils ont préféré occulter les crimes du néocolonialisme camerounais. Les voici donc convoqués par un upéciste pour flageller des patriotes de valeur.

 

            Le livre de Mbélé est mauvais parce que la pratique de Mbélé prouve qu’il n’y croit pas lui-même et parce que sa théorie élude en pointillés l’abjection camerounaise du biyaïsme. Le Camarade Jean Arthur Awoumou (JAA) nous révèle pourtant  ici des accointances ou des faiblesses que nous ne lui soupçonnions pas. Il s’adosse sur Charles Romain Mbélé (CRM), l’un des grands phraseurs internationalistes du marxisme universitaire camerounais, pour s’attaquer à des auteurs dont les qualités scientifiques et l’engagement pour la démocratie au Cameroun ne souffrent d’aucune once de doute.  La méthode de JAA ici relève du pur et simple cynisme critique. Il s’agit de faire feu de tout bois contre ceux qui représentent la fine fleur de la pensée critique au Cameroun, dans leurs domaines de spécialités, et aux yeux de leurs pairs de nombreux pays. Cette manière de faire cache mal des tendances populistes difficilement assises sur de rares habitudes de travail théorique. Ainsi continue le combat contre ce que l’élitisme bien pratiqué peut avoir de force d’élévation pour notre pays. Par ailleurs et du même coup,  JAA conteste le parcours citoyen de compatriotes qui, s’ils n’ont pas rejoint les rangs de l’UPC combattante- lui ont peut-être rendu des services que peu d’upécistes lui rendront ou rendirent. Le révisionnisme intellectuel doit-il commencer à prospérer dans l’UPC ? Voyons.

 

            La méthode de JAA ? Il utilise ce faisant un des penseurs organiques du RDPC dans l’Université Camerounaise, issu et fidèle de l’Ecole de Marcien Towa (Ancien Recteur de l’Université de Yaoundé donc ministre de Paul Biya, membre encore actuel du RDPC, marxiste-léniniste de bouche formé à Moscou et à Nanterre entre 1960 et 1970). C’est donc ce Towa, partisan du système néocolonial du RDPC, que JAA nous présente grâce à CRM comme « penseur de la libération africaine ». C’est donc en se servant de ce Towa que CRM permet à JAA de traiter Fabien Eboussi Boulaga et J-A Mbembé de défenseurs du « postcolonialisme », c’est-à-dire en réalité colonialistes de l’après-colonisation. Pour quels faits Eboussi est-il ainsi traité ? Ses deux principaux essais, La Crise du Muntu, et Christianisme sans Fétiche, ouvrages aujourd’hui traduits en quatre langues dans le monde ( français, anglais, allemand, espagnol) sont d’une qualité philosophique supérieure – en élaboration, en capacité spéculative, en écho scientifique-  à celles de tous les écrits philosophiques produits par des camerounais de sa génération.  Rien à voir avec l’essai superficiel de Marcien Towa sur  les mêmes sujets, essai qu’on a injustement imposé au programme des Classes Terminales du Cameroun, alors même que la thèse qu’il défend est d’un simplisme ravageur. Towa demande que la science matérialiste soit notre bouée collective de sauvetage. Mais en même temps, il œuvre aux côtés d’un pouvoir obscurantiste comme celui de Biya. Ce qui prouve qu’il ne croit pas du tout en sa science matérialiste. Combien d’entre-nous ont lu Eboussi pour reproduire platement la critique que CRM en fait ? Combien ont lu Mbembé pour le comparer aux capitalistes du FMI et de la BM ?

 

            Dans le premier livre cité du penseur le plus fin de notre tradition philosophique camerounaise, Eboussi brosse, à partir d’une critique de l’ethnophilosophie (Tempels, Kagame, Fouda, Hebga, etc.) et de la pensée idéologique marxisante d’emprunt (Towa, Hountondji, Guissé, etc. ), les possibilités d’une authenticité africaine construite à partir d’une activité critique de nos traditions, mais aussi des traditions d’importation occidentales, afin d’aboutir à l’exercice lucide de notre propre être d’humains au monde, faisant face à leurs possibilités réelles d’émergence en justice et vérité. La pensée d’Eboussi, sur ces questions, précède de nombreux travaux de Foucault, auquel on voudrait par anachronisme, attribuer la paternité des intuitions éboussiennes. Dans le second livre, Eboussi, jésuite à l’origine, puis penseur laïc dès le début des années 80, applique cette grille de lecture au phénomène chrétien, qu’il expurge de sa violence politique, de sa prétention raciste et racialisante, pour le resituer dans la topique christique d’une théologie de la libération africaine, qu’il nomme dédomination. Je ne parlerai pas ici de la qualité des travaux circonstanciés d’Eboussi sur Les conférences nationales en Afrique noire, sur La démocratie de Transit au Cameroun, Lignes de résistance, encore moins de son implication réelle dans la lutte pour la démocratie au Cameroun dans les années 90, avec l’Union pour le Changement. Je ne vous dirai pas la persécution politique subie par Eboussi, Kom, Ela, Ngoué, pour leur engagement dans Le Livre Blanc de l’Université Camerounaise. Où étaient les Mbélé et Towa quand le gros du peuple camerounais était aux barricades ? Ils étaient aux côtés de Paul Biya et du RDPC, ardents défenseurs de la fameuse thèse du « bia non jam bia » ; « nous avons repris notre chose ».

 

 

            Quant à Jean-Achille Mbémbé, historien camerounais de renom auquel les upécistes et les camerounais en général doivent des travaux remarquables sur l’histoire de notre mouvement nationaliste et notamment sur l’œuvre politique de Ruben Um Nyobè, il se voit confondu avec les pires ogres de la domination africaine par JAA, en raison sans doute de rancoeurs anciennes entre certains upécistes de France et ce compatriote, notamment après le traitement de choc qui lui fut réservé dans Tribalisme et Problème National en Afrique Noire du Camarade Mbuyinga. Faut-il s’autoriser de ces malentendus anciens- que nous ne prétendons pas trancher ici - pour traiter Mbémbé de « poscolonialiste » (colonialiste en fait) comme le fait en réalité Mbélé dans son livre ? Ne voit-on pas que Mbélé charge ainsi Mbémbé  et  Eboussi des torts de Biya et de ses mentors de la Françafrique ? Comment un tel retournement de torts et de crimes peut échapper à un Camarade qui vit au Cameroun depuis plus de 40 ans ? La notion de postcolonialisme utilisée par Mbélé consiste à dire que parce que Mbémbé pointe en plus des mécanismes de domination internationale, les mécanismes endogènes de domination en Afrique, on doit en conclure que Mbémbé veut « assurer que le désastre actuel de l’Afrique est la seule responsabilité des africains »  (Je cite JAA reprenant religieusement son maître CRM).  Mais ce que Mbémbé appelle la pensée postcoloniale, c’est surtout et d’abord l’ensemble des modes locaux d’invention et de réinvention de la domination en Afrique, par les africains eux-mêmes. Jamais Mbémbé ne nie l’importance du système de prédation capitaliste internationale. Il nous invite à comprendre la complexité des enchevêtrements de la domination, en analysant ce qui se passe chez nous sans prismes a priori déformants, car nous sommes aussi des êtres de liberté et de raison, de sensibilité et d’imagination, pour nous-mêmes et par nous-mêmes. Comment JAA ne voit-il pas que jamais quelqu’un qui a décrit et reconstitué la lutte nationaliste au Cameroun ne peut nier le rôle des puissances impérialistes dans le drame africain ? Comment JAA ne voit-il pas que de même qu’on ne peut pas considérer que l’Occident seul est responsable de nos misères africaines, nous ne pouvons pas en permanence rejeter l’échec de l’UPC aux seuls non-upécistes ou aux upécistes qui ont pactisé avec le régime, ou encore aux pseudo-upécistes ? JAA est-il au fait des distances critiques prises par Achille Mbémbé envers certaines thèses de Jean-François Bayart sur « la politique par le bas » ?  Ces Notes de lectures ne tiennent pas la route, et cela est certain.

 

            Voilà donc le travail le plus injuste que nous ait jamais adressé JAA, qui s’improvise dans ses Notes de lectures en arbitre d’un débat philosophico-politique dont il ne maîtrise sérieusement aucun enjeu. JAA en vient à utiliser Charles Romain Mbélé (CRM) comme exemple de penseur dont les idées sont opposables à des penseurs comme le philosophe Eboussi Boulaga ou des chercheurs de la trempe de Jean-Achille Mbémbé, meilleur historien politique camerounais contemporain, à la fois de l’avis de la plupart de ses pairs et de la communauté scientifique internationale. Furieuse confusion !

 

            Et derechef : JAA s’est-il auparavant demandé quel est le positionnement politique réel de M. Mbélé dans l’histoire politique du Cameroun ? JAA s’est-il seulement demandé comment Towa, mentor de Mbélé, peut servir de référence à une critique de la domination camerounaise alors même que Towa, RDPCISTE ET TRIBALISTE FIEFFE – auteur de l’appel des Mille Collines  à Radio-Centre en 1991 pour le lynchage des Bamiléké et de leurs alliés -, est un serviteur invétéré de la biyacratie ? JAA sait-il jusqu’où il est allé en convoquant un YRM qui n’a jamais osé le moindre engagement politique ni civique contre les crimes du Régime Biya dont il vit grassement ? De quel marxisme de bouche CRM, Towa, et bien d’autres marxisants verbaux – incapables de critiquer la lutte des classes dans leurs villages, dans leurs propres villes, dans leurs propres groupes socioculturels où les chefs crachent sur leurs visages et où ils prient sur des fossiles -  dont regorge la classe des professeurs de philosophie formés par un Marcien Towa autrefois endoctriné en URSS, peuvent se revendiquer ? 

            JAA sait-il que Towa, Mbélé, Ndzomo Molle, Ondoua Pius, Owona Joseph, et bien d’autres tribalistes beti, furent au cœur de la justification et de l’animation des Groupes d’Auto-Défense anti-contestataires dans les années chaudes de Yaoundé ? JAA sait-il que ce sont les Towa, IRM, Ayissi, Ndzomo Molle, Ondoua Pius ( marxisant de bouche passé ministre de Biya depuis), Okah Atenga, Edzoa, Mono Ndzana (un autre grand marxisant de bouche pro-coréen) et Cie, et bien d’autres manants passés maîtres dans l’art de dénoncer l’impérialisme international et de nier l’impérialisme local, qui ont vidé l’Université Camerounaise des années 90 de ses meilleurs théoriciens d’alors qu’étaient Ngoué Joseph, Mbaisso Adoum, Jean-Marc Ela, Ambroise Kom, Jongwane Dipoko, Eboussi Boulaga (agressé physiquement sous nos propres yeux par Bidja Ava Rachel, du même clan que Mbélé parmi les tribalistes beti de l’Université Yaoundé), et de nombreux étudiants de philosophie valeureux comme les  Senfo Tonkam, Paul-aarons Ngomo, Pem Boniface, Touoyem Blaise-Pascal, Banen, et votre serviteur ?   Peut-on conter le désastre de l’Université Camerounaise sans citer les œuvres funestes de la bande à Marcien Towa ? Que ceux qui n’en savent rien se méfient d’y prendre parti. C’est la vie d’une génération entière de camerounais qui s’est jouée entre 1989 et 1995, du fait de ces intellectuels organiques vautrés sous le parapluie financier du régime RDPC. Oser classer Achille Mbémbé  parmi les colonialistes, au nom d’une critique vague de la théorie du postcolonialisme, c’est une abjecte infâmie.

 

            Non, Camarades, il y a trop de bonnes raisons que notre Direction n’assume pas ce genre d’écrits sans fondements théoriques ni politiques. Si la Direction tient donc à faire publier ces  soi-disant Lectures, qu’elle les assume en les signant comme communiqués officiels, au lieu de laisser seulement le Camarade les signer en tant que membre du BCD. Nous les publierons instamment si la Direction les signe. Mais alors, nous serons en droit de publier également les présentes remarques critiques et éventuellement d’autres, puisqu’en s’autorisant à critiquer publiquement ainsi les livres des upécistes et des penseurs de renom, la Direction autoriserait tout upéciste à critiquer publiquement les critiques de la Direction. Et tralala…Je ne crois pas que cette hypothèse soit dans notre intérêt commun bien compris. L’exercice échevelé du cynisme critique a des conséquences périlleuses.

 

Pour le Comité de Rédaction des Sites Web de l’UPC

 

Franklin NYAMSI

 

Rouen, le 7 octobre 2010.

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