C’est la conviction que les Africains ont de plus en plus depuis la première semaine du mois de janvier 2010. Même ceux qui continuaient à croire que cette partie de l’Italie est leur Terre Promise ont dû se défaire de cette représentation au terme de ce qui s’est produit dans la journée du 8 janvier 2010. Ces Nègres partis à Calabre, probablement sur ordre de leur dieu, mais sans un guide comme Moïse, chercher à occuper, contre le gré des Cananéens de Calabre, la terre où couleraient le lait et le miel, se rendent compte que la Terre Promise est toujours la terre d’autrui et qu’à l’étranger on n’est qu’un étranger. Après avoir cru que tous les chemins qui mènent à Calabre conduisent nécessairement à la Terre Promise, ils se rendent, depuis le mois de janvier 2010 qu’il ne valait pas la peine d’entretenir le rêve de jouir pleinement de cette civilisation dont les Européens ont tant vanté les atouts à leurs parents et grands-parents.
Avec les récentes émeutes de Calabre, les Nègres se dessillent les yeux. Ils commencent à se demander s’il est vrai tout ce que les Européens leur avaient fait croire à travers, par exemple, les manipulations idéologiques d’une industrie cinématographique qui a l’art de peindre l’Europe et l’Occident avec les couleurs du paradis. Mais, à qui la faute, si l’Europe a donné aux Nègres d’Afrique l’illusion qu’elle est à la fois le paradis terrestre, la référence de la culture et de la civilisation et que tous les chemins qui mènent à Rome peuvent tout aussi conduire à Calabre qu’à la Terre Promise ?
Les récents événements de Calabre, qui sont la métaphore politique de ce qui arrive à tous ceux qui continuent, même au XXIème siècle, d’entretenir le mythe de l’existence d’une Terre Promise, nous font aussi voir jusqu’où l’homme peut être amnésique. L’Italie qui ne se rappelle plus avoir été un pays d’émigration ose se plaindre aujourd’hui, et à haute voix, d’être devenue la victime politique de l’immigration des autres peuples.
Vouloir aujourd’hui occuper Calabre par le feu et le fer, comme le fit jadis l’armée de Josué dans les territoires cananéens, relève d’un projet de colonisation anachronique et d’un exploit qu’on ne peut plus facilement rééditer, surtout quand son dieu n’a pas la puissance de celui de Josué dont les dignes descendants tiennent à achever, en Palestine, le travail que leurs ancêtres avaient si bien commencé à Makkéda, à Jéricho, à Libna, près des eaux de Mérom, à Gabaon, etc.
Pr Lucien AYISSI
Université de Yaoundé 1 (Cameroun)