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Ce blog comporte des articles scientifiques et des opinions sur le cours du monde.

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Et si Charles Ateba Eyene avait raison?

 

 

professeur_ayissi.jpgÀ cette question, on peut certes en opposer une autre. C’est une tactique sophistique bien connue des orateurs ou des rhéteurs habiles à embarrasser un interrogateur en réagissant à ses questions par d’autres. Dans le cas d’espèce, un sophiste pourrait chercher à m’embarrasser avec une question de ce genre : « Et si Charles Ateba Eyene n’avait pas raison ? »

Le problème que Charles Ateba Eyene pose dans son récent ouvrage ne mérite pas qu’on sacrifie son sérieux sur l’autel des artifices rhétoriques d’une sophistique puérile et stérile. Si je pense qu’il importe qu’on revienne sur le problème qu’il pose dans son récent ouvrage, ce n’est pas pour l’innocenter auprès de la justice. Ignorant tout des arcanes du droit et ne maîtrisant pas les moindres micmacs juridiques, je ne saurais, même si j’en avais l’intention, prétendre m’aventurer dans ce genre d’entreprise.

Si Charles Ateba Eyene fait preuve de témérité en se constituant sycophante public pour dénoncer le rapport que le politique entretient au Cameroun avec le magico-religieux, c’est parce qu’un tel rapport est si incestueux qu’il met en péril la République (la chose publique ou la chose du peuple) et risque de boucher l’horizon politique de notre pays. Le péril politique dont s’accompagne la prédilection de beaucoup de nos dirigeants pour le magico-religieux est d’autant plus important qu’il suscite en moi ces trois petites questions :

1-Comment peut-on promouvoir la méritocratie là où les promotions sociales sont généralement fonction de l’appartenance à tel ou tel cercle ésotérique et à tel ou tel club de sodomie ?

2-Comment le Prince peut-il faire prospérer l’opération de salubrité éthique dans laquelle il semble désormais très engagé à travers la fameuse « Opération épervier », si beaucoup de pontes de son propre parti continuent à se persuader, malgré tout, que l’appartenance aux cercles ésotériques et aux clubs de sodomie leur garantit un certain blindage contre d’éventuelles poursuites judiciaires ?

3-Comment le gouvernement camerounais peut-il combler efficacement les attentes populaires s’il est constamment sous la coupe réglée des gourous et de ceux qui croient, de façon superstitieuse, que le fait d’explorer constamment la zone anale de l’organisme d’autrui leur confère un pouvoir de domination sur lui et même la possibilité de se rendre « maîtres et possesseurs » du Cameroun et du monde entier ?

Moi, je crois que la posture de sycophante qu’adopte Charles Ateba Eyene dans son récent ouvrage a le mérite de susciter en chacun de nous des interrogations comme celles-là, dans la mesure où elles jettent le doute sur le fait qu’on puisse développer un pays en se fondant sur la magie et la superstition. Le doute dont ces interrogations sont chargées est de nature à motiver les Camerounais à collaborer à la protection de leur pays contre son appropriation par une bande de sectaires et une meute insatiable de pornocrates. C’est ainsi qu’ils pourront sécuriser leur humanité et leur citoyenneté contre l’aliénation des maîtres des cercles ésotériques et des patrons des clubs de sodomie qui prospèrent si bien dans notre pays qu’il a toutes les allures d’un véritable pandémonium.

Ce qu’on peut principalement retenir de cet ouvrage, c’est que la moralisation de la vie publique camerounaise passe inévitablement par la libération de nos institutions de la pression délétère que les cercles ésotériques et les clubs de sodomie exercent constamment sur elles. Sortir le Cameroun de ces prisons mafieuses qui se construisent de plus en plus en son sein, lesquelles ajoutent à ses problèmes de souveraineté, est un impératif politique absolu.

 

Pr Lucien AYISSI

Université de Yaoundé I (Cameroun)

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