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Ce blog comporte des articles scientifiques et des opinions sur le cours du monde.

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Le Cameroun a 50 ans. Mais, est-il sorti de son sarcophage politique et économique ?

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Pour un homme, 50 ans, c’est la moitié d’un parcours vital et d’une aventure existentielle. Mais, vivre pendant 50 ans est chose impossible pour un canard. En l’espace de quelques heures, un éphémère peut estimer que sa vie est accomplie, au point qu’il puisse attendre sa mort avec sérénité. Cette énumération exemplaire, on peut la développer à l’envi. Elle se fonde, comme on peut le constater, sur une évaluation qui prend arbitrairement l’année civile pour l’unité de mesure dans un système de normes qui varient pourtant selon les besoins. Dans la course de fond par exemple, l’unité de mesure est la seconde ; pour le géomètre cadastral, c’est soit le mètre carré, soit l’hectare, soit le kilomètre carré. Si, pour un éphémère, 50 ans correspondent à des années lumière, pour un éléphant ou un pays, ce n’est pas vieux, mais ce n’est pas tout à fait jeune.

 

         Compte tenu des problèmes d’appréciation que pose la relativité des normes, il convient, pour les éviter, d’adopter une autre approche critériologique, celle qui se fonde sur le bilan social, éthique, politique et économique d’un être vieux de 50 ans. Suivant cette approche critériologique, on peut reformuler le problème posé en ces termes : quel peut bien être, aux plans social, éthique, politique et économique, le bilan d’un pays comme le Cameroun qui a désormais 50 ans ?

 

         Ce bilan largement négatif peut se résumer ainsi qu’il suit :

-50 ans de sous-développement infrastructurel ;

-50 ans de pauvreté et d’exclusion ;

-50 ans de larbinisme politique et de soumission économique vis-à-vis des puissances tutélaires ;

 

-50 ans de pillage économique du Cameroun par les acteurs du Dedans et du Dehors ;

 

-50 ans de déréliction des masses populaires ;

-50 ans d’occupation de notre cher et beau pays par des sectes aux desseins douteux ;

 

-50 ans de préséance idéologique donnée aux affinités ethniques au détriment du mérite ou de l’excellence ;

-50 ans de théâtralisation d’un dialogue social délibérément faussé par les metteurs en scène d’une grossière dramaturgie dont le casting politique est régi par la logique des parrainages mafieux ou celle de l’appartenance sectaire et ethnique ;

-50 ans de travail de Pénélope ou de Sisyphe ;

-50 ans de mal gouvernance, de sarcophage politique et économique.

 

 

 

Pr Lucien AYISSI

Université de Yaoundé 1 (Cameroun)

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