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22 octobre 2021 5 22 /10 /octobre /2021 02:10

Monsieur le Délégué général à la Sûreté nationale (DGSN),

J’ai l’honneur de vous prier de bien vouloir prendre en compte, aussi bien dans l’édition en cours des cartes nationales d’identité que dans celle des passeports, les nouvelles professions dont tout le monde a désormais l’expérience à la faveur de la démocratisation lente mais assurée de notre cher et beau pays, le Cameroun. Il s’agit précisément des professions suivantes : Activiste, Lanceur d’alertes, Opposant, Membre de la REFRAIS (Rencontre fraternelle des Ressortissants du Sud).

Dans l’espoir que vous n’allez pas intégrer dans ce répertoire les professions de propagateurs de fausses nouvelles, de distillateurs du venin du tribalisme et du séparatisme, de saccageurs des représentations diplomatiques et de destructeurs des emblèmes nationaux, je vous prie d’agréer l’expression de ma gratitude anticipée et celle de ma respectueuse considération.

Fait à Yaoundé, le 22 octobre 2021 à 00h51 mn.

 

Prof. Lucien AYISSI

Université de Yaoundé 1 (Cameroun)

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12 octobre 2021 2 12 /10 /octobre /2021 21:56

Selon un proverbe espagnol, il n’y a pas de fête sans lendemain (No hay boda sin torna boda). Après les festivités liées à la Journée mondiale de l’Enseignant, il m’est venu en tête l’idée de savoir pourquoi l’Enseignant ou le Didaskalos, celui qui maîtrise l’art d’enseigner (didaskeïn), lequel consiste précisément à montrer les bons signes à ceux qu’il forme pour qu'ils puissent gérer, avec bonheur, les institutions d’un État est, dans un pays comme le nôtre, déconsidéré au profit de ceux dont il a pourtant assuré la formation intellectuelle, humaine et civique. De quel complot sociopolitique le Didaskalos est-il victime au Cameroun, bien que sa fonction soit de doter l’apprenant de l’humanité et de la citoyenneté susceptibles de lui faire défaut s’il ne lui montre pas les signes qu’il faut pour qu’il devienne ceci ou cela ? N’a-t-on pas tort de minimiser l’importance que revêt la fonction du Didaskalos dans l’ordre des stratégies à élaborer dans la perspective du développement d’un pays comme le nôtre ?

Prof. Lucien AYISSI

Université de Yaoundé 1 (Cameroun)

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12 octobre 2021 2 12 /10 /octobre /2021 14:22
  1. Articles, chapitres d’ouvrages et préfaces :

1991 : « La Place du sujet de la connaissance dans le Traité de la nature humaine de D. Hume », in Zeén Bulletin, n°1, juillet-août 1991, pp. 34-51.

1998 : « Corruption et violence », in Cahier de L’UCAC, n° 3, 1998 : Violences urbaines au sud du Sahara, pp. 75-85.

1999 : « Le Devoir du philosophe : une lecture des œuvres au programme », in Bulletin du Cercaphi, n° 2, du 25 au 28 mai 1999, pp. 25-27.

2001 : « Le Marché global et sa clôture inhumaine », in Cahier de l’UCAC, n° 6, 2001 : La Mondialisation : quel humanisme ?, pp. 233-248.

2001 : Préface à La Méthode philosophique. Ouvrage publié par Rachel Bidja Ava aux Éditions Presses Universitaires d’Afrique.

2002 : « La Paix dans la contradiction du Même et de l’Autre en Afrique », in Dialogue & Réconciliation. Revue scientifique du Service Œcuménique pour la Paix : Violence, État et société en Afrique : les exigences d’une éthique de la non-violence, Volume 2, N° 2, mai 2002, pp. 217-224.

2003 : « Méthode et mémoire chez Descartes », in Annales de la Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines, Volume 1, n° 3, nouvelle série, pp. 269-284.

2003 : « Repenser la paix dans l’hyperviolence contemporaine », in Éthiopiques. Revue négro-africaine de littérature et de philosophie. N° 71 : Littérature, philosophie, art et conflits. 2e semestre, 2003, pp. 165-180.

2004 : « Cogito et altérité », in L’Individuel et le collectif, ouvrage édité par Thérèse Belle Wangue, Chennevières-sur-Marne, Éditions Dianoïa, 2004, pp. 24-32.

2005 : « Philosophie africaine et complexe de castration », in Relecture critique des origines de la philosophie et ses enjeux pour l’Afrique, in Gabriel Ndinga et Georges Ndumba (sld.), Paris, Éditions Menaibuc, 2005, pp. 107-123.

2005 : « Corruption et droits de l’homme », in Revue Camerounaise de Sociologie et Anthropologie, Volume 2, n° 1, juin 2005, pp. 55-73.

2005 : « Descartes et l’esprit de la libre entreprise : une interprétation économique de la pensée de Descartes », Annales de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Douala. Volume 3, n° 6 et 7, 2005, pp. 229-241.

2006 : « Essai de clarification du rapport de l’Afrique à la technoscience », in Annales de la Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines, Volume 1, n° 4, Nouvelle série, premier semestre, pp. 278-296.

2006 : « Philosophie du développement et éthique de l’excellence chez Njoh Mouelle », in Philosophes du Cameroun, Yaoundé, Éditions Presses Universitaires de Yaoundé, pp. 87-105.

2006 : « Éthique et enseignement universitaire en Afrique. État des lieux et défis épistémologiques », in Le Cahier philosophique d’Afrique. Revue internationale de philosophie, Ouagadougou, n° 004, 2006, pp. 113-133.

2006 : « Le Sida dans le jeu du plaisir et de la mort », in Éthiopiques. Revue négro-africaine de littérature et de philosophie, n° 77, 2ème semestre, Dakar, pp. 255-266.

2007 : « Optimisme théologique et apologétique chez Leibniz », in Annales de la Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Yaoundé 1, Volume 1, n° 7, Nouvelle série, pp. 109-132.

2007 : « La Complexité du statut de la victime dans la dialectique de la violence », in Éthiopiques. Revue négro-africaine de littérature et de philosophie, n° 79, 2ème semestre, Dakar, pp. 183-198.

2008 : « Le Problème de la contradiction du Même et de l’Autre dans l’État postcolonial d’Afrique noire », in Quest. An African Journal of Philosophy/Revue Africaine de Philosophie. Vol. XXII, n° 1-2, pp. 121-139.

2009 : « La Promotion de la paix dans le pantagonisme », in Éthiopiques. Revue négro-africaine de littérature et de philosophie, n° 82, Dakar, pp. 171-193.

2009 : « La Logique hédonistique de l’homosexualité au regard de l’éthique de la vie », in Annales de la Faculté des Arts, Lettres et sciences humaines de l’Université de Yaoundé 1, Volume 1, N° 10, Nouvelle série, deuxième semestre, pp. 159-176.

2010 : « Vérité et société », in Valentin Nga Ndongo et Emmanuel Kamdem, La Sociologie aujourd’hui : une perspective africaine, Paris, Éditions L’Harmattan, collection « Sociologie Africaine », pp. 235-245. 

2010 : Préface à L’Herméneutique platonicienne de la mort. Ouvrage publié par Paul Bienvenu Onana dans la collection « Éthique, Politique et Science » des Éditions L’Harmattan.

2010 : « Philosophie de la vie et éthique de l’altérité face aux défis du sida », in Penser le sida. Analyses croisées d’une pandémie, Paris, Éditions L’Harmattan, collection « Éthique, Politique et Science », pp. 11-37.

2010 : « Penser le sida dans l’intervalle du pathos et de l’éthique », in Penser le sida. Analyses croisées d’une pandémie, Paris, Éditions L’Harmattan, collection « Éthique, Politique et Science », pp. 91-110.

2011 : « Les Problèmes de topologie et de sens que pose la chefferie traditionnelle dans la gouvernance camerounaise actuelle », in Robert Kpwang K. (sld.), La Chefferie « traditionnelle » dans les sociétés de la grande zone forestière du Sud-Cameroun (1850-2010), Paris, Éditions L’Harmattan, pp. 457-471.

2011 : « Exister au pluriel et dialoguer avec l’autre : entre nécessité fatale et impératif éthique et politique », in Hubert Vincent et Léopold Mfouakouet (sld.), Dialogue des cultures et passages des frontières, Paris, Éditions AUF-Archives contemporaines, collection « Actualité scientifiques », pp. 35-48.

2012 : Préface aux Nouveaux philosophes et l’idée de révolution. Ouvrage publié aux Éditions L’Harmattan par Hilarion Ngoa Mebada.

2012 : Préface à Max Stirner, contestataire et affranchi. Ouvrage publié par Ciriac Oloum dans la collection « Éthique, Politique et Science » des Éditions L’Harmattan.

2012 : « De Rio dos Camaroes à l’État du Cameroun : les fortunes politiques liées au procès de construction d’une République », in Daniel Abwa, Lucien Ayissi, Célestin Christian Tsala Tsala (co-direction), Regards croisés sur les cinquantenaires du Cameroun indépendant et réunifié, Paris, Éditions L’Harmattan, collection « Problématiques Africaines », pp. 12-22.

2013 : « La Culture de l’imagination dans l’atomisme de David Hume », in Annales de la Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Yaoundé I, n° 15, nouvelle série : Culture et développement, premier semestre, pp. 223-243.

2014 : Préface à Emmanuel Levinas : la Philosophie de l’altérité. Ouvrage publié par Jean-Thierry Nanga Essomba dans la collection « Études Africaines » des Éditions L’Harmattan.

2014 : « Croyances et représentations : le cas de la religion et de la superstition », in Penser les représentations, Paris, Éditions L’Harmattan, collection « Éthique, Politique et Science », pp. 11-42.

2014 : « Représentation et domination chez Descartes », in Penser les représentations, Paris, Éditions L’Harmattan, collection « Éthique, Politique et Science », pp. 97-124.

2014 : Préface aux Essais de Mongo Beti : développement et indépendance véritable de l’Afrique noire francophone. Esquisse d’analyse de contenu. Ouvrage publié par Auguste Owono-Kouma dans la collection « Études Africaines » des Éditions L’Harmattan.

2016 : « La Corruption africaine dans la paradigmologie dominante », in Les Cahiers de l’IREA, N° 2 : Parlons économie et développement, Paris, Éditions L’Harmattan, pp. 63-86.

2017 : Préface à De la signification du monde et du devenir de l’existence. Ouvrage publié par Issoufou Soulé Mouchili Njimom dans la collection « Éthique, Politique et Science » des Éditions L’Harmattan.

2018 : Préface à L’Écriture de la transgression. Viol, violence dans la littérature africaine. Ouvrage publié par Stéphane Amougou Ndi, Rosine Paki Sale et Raphael Ngwe aux Éditions L’Harmattan.

2021 : « La Philosophie et la question du vivre ensemble », in Kùlù. Revue de Philosophie de l’Institut Supérieur de Philosophie Saint-Joseph MUKASA, édition spéciale. Café Philosophique. Actes de colloque, Yaoundé, mai 2020, pp. 97-107.

2021 : « Les Enjeux de la rationalité dans la philosophie de la libération et de l’émancipation de Marcien Towa », in Lucien Ayissi (éd.), La Philosophie de la libération et de l’émancipation de Marcien Towa, Paris, Éditions Dianoïa, collection « Maât Special Issues, pp. 9-34.

  1. Ouvrages :

2003 : Corruption et gouvernance, Yaoundé, Éditions Presses Universitaires de Yaoundé, collection « Sociétés », ISBN 2-911541-83-9/N° éd. 01.19.0503.

2003 : Le Phénoménisme humien comme prolégomènes à la philosophie transcendantale de Kant, Yaoundé, Éditions des Presses Universitaires de Yaoundé, collection « Repères », ISBN : 2-911541-84-7/N° éd. 04 14 0803.

2007 : Corruption et pauvreté, Paris, Éditions L’Harmattan, collection « Pensée Africaine », ISBN : 978-2-296-04388-6

2008 : Corruption et gouvernance, 2ème édition, Paris, Éditions L’Harmattan, collection « Pensée Africaine », ISBN : 978-2-296-04984-0

2009 : Gouvernance camerounaise et lutte contre la pauvreté : interpellations éthiques et propositions politiques, Paris, Éditions L’Harmattan, ISBN : 978-2-296-07842-0.

2010 : Mono Ndjana, Hubert et Ayissi, Lucien (codirection), Penser le SIDA : analyses croisées d’une pandémie, Paris, Éditions L’Harmattan, collection « Éthique, Politique et Sciences », ISBN : 978-2-296-12794-4.

2011 : Rationalité prédatrice et crise de l’État de droit, Paris, L’Harmattan, ISBN : 978-2-296-55-387-3.

2012 : Daniel Abwa, Lucien Ayissi, Célestin Christian Tsala Tsala (codirection), Regards croisés sur les cinquantenaires du Cameroun indépendant et réunifié, Paris, Éditions L’Harmattan, collection « Problématiques Africaines », ISBN : 978-2-296-96296-5.

2014 : Penser les représentations (sld.), Paris, Éditions L’Harmattan, collection « Éthique, Politique et Science », ISBN : 978-2-04061-5

2015 : Hume et la question du sujet de la connaissance, Paris, Éditions L’Harmattan, collection « Éthique, Politique et Science », ISBN : 978-2-343-06797-1.

2017 : Le Positivisme de David Hume, Paris, Éditions L’Harmattan, collection « Éthique, Politique et Science », ISBN : 978-2-343-11457-6.

2021 : Méditations philosophiques d’un confiné sur Coronavirus suivies de Dix méditations supplémentaires, Paris, Éditions L’Harmattan, collection « Ouverture philosophique », ISBN : 978-2-343-226798.

2021 : Philosopher aujourd’hui, c’est philosopher autrement, Paris, Éditions L’Harmattan, collection « Ouverture philosophique », ISBN : 978-2-343-23622-3.

2021 : La Philosophie de la libération et de l’émancipation de Marcien TOWA (éd.), Paris, Éditions Dianoïa, collection « Maât Special Issues », ISBN : 978-2-37369-098-9.

C- Roman

2010 : La Prière de Yakob (roman), Paris, Éditions L’Harmattan, collection « Littérature et savoirs », (Grand Prix littéraire décerné par l’Association Nationale des Éditeurs du Livre au Cameroun (ANELCAM) 2012), IBN : 2296122043.

 

   

    

 

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7 octobre 2021 4 07 /10 /octobre /2021 10:43

Mettre les amants de Pandora, cette exolune, en procès revient à faire comparaître à la barre du tribunal des terriens ceux qui, comme les astrophysiciens, se passionnent pour un phénomène planétaire dont la faute serait de remettre en cause la place privilégiée que la lune semble occuper dans la galaxie solaire. Qu’est-ce qui pourrait donner à cette juridiction la compétence qu’il faut pour traiter pertinemment d’une imputation aussi insolite ? Suffit-il à cette exolune de remettre en cause la prétention de la lune à occuper exclusivement la place qu’on lui a souvent reconnue, par ignorance du caractère infini de l’univers, pour qu’elle doive être mise en accusation dans un tribunal dont la compétence universelle est à établir ?

Pandora, qui signifie ‘‘tous les dons’’, est aussi l’épouse d’Épiméthée, c’est-à-dire celui dont l’esprit est en escalier, bien qu’il soit le frère du brillant et prudent Prométhée. Quelle imputation d’illégalité pourrait-on faire peser sur son cher époux, quand on sait que l’amour n’est pas un sentiment dont on se rendrait coupable d’éprouver ?

         Mais dans le mythe grec de Pandora, comme dans celui hébraïque d’Éva, la femme est la figure par laquelle survient le mal ; c’est par son biais que la commission de la faute est possible. Dans les deux cas, aimer Pandora ou Éva revient à commettre une grosse culpa.

En publiant les Pandora Papers, qu’ils auraient pu aussi appeler les Éva Papers, des journalistes ont pris sur eux le risque de dénoncer ceux qui se plaisent à faire clandestinement l’amour à Pandora dans des paradis fiscaux, tous frais payés grâce à des comptes offshores. La faute commise par eux consiste moins à aimer la belle Pandora qu’à nouer avec l’épouse d’Épiméthée une relation amoureuse condamnable, eu égard à son caractère adultérin. Le sentiment de colère qu’éprouvent aujourd’hui les différents amants de Pandora, indique qu’ils sont eux-mêmes conscients de la gravité de la faute qui peut leur être imputée, s’il s’avérait qu’ils ont vraiment entretenu des rapports légalement et éthiquement répréhensibles avec la femme d’autrui.

Par le fait de mettre à l’abri des regards inquisiteurs des trésors pouvant avoir une origine douteuse, les différents amants de Pandora se dénoncent comme suspects de dissimulation d’une faute. S’ils enragent aujourd’hui contre ceux qui ont ouvert la jarre de Pandora, c’est parce que ces derniers donnent au monde entier la possibilité de savoir qu’elle contient beaucoup de maux.

 

Prof. Lucien AYISSI

Université de Yaoundé 1 (Cameroun)

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7 octobre 2021 4 07 /10 /octobre /2021 08:08

Si cette question se pose, c’est parce que la dynamique de l’Enseignement supérieur semble, au Cameroun, motivée par le désir de ceux qui tiennent à rivaliser de compétence avec les experts du Renseignement.

En effet, certains de ceux qui sont censés animer académiquement l’Enseignement supérieur se comportent comme s’ils s’étaient trompés d’orientation professionnelle, tant ils brillent beaucoup plus dans l’art d’espionner les universitaires que dans celui de contribuer à la production et à l’accroissement du savoir. La confusion de genres et de sphères dont ils sont victimes explique pourquoi la délation et la calomnie se développent aisément là où la promotion et la diffusion des créances épistémologiques sont plutôt très attendues. L’une des conséquences de cela est que, se prenant pour des officiers des Renseignements généraux en service à l’Enseignement supérieur, certains Recteurs se figurent que les Universités aux destinées desquelles ils président parce qu’ils occupent des positions d’autorité dans des officines de promotion de l’obscurantisme, sont des excroissances de la Police. Aussi finissent-ils par y créer un climat de suspicion et de délation tout à fait impropre au développement de la maïeutique et de l’anacritique. Lorsqu’on se donne la peine de consulter le très bavard Google pour avoir l’expérience de leurs productions intellectuelles, on comprend pourquoi ils cherchent à compenser leurs défauts de visibilité scientifique en singeant les policiers.

L’autre conséquence de cette double confusion est que certains « universitaires », heureusement très peu nombreux, deviennent des indics de la police locale et s’insèrent dans le réseau de délation et de dénonciation calomnieuse créé et entretenu par des Recteurs qui croient pouvoir compenser les restrictions de leur visibilité scientifique en troquant leur toge par la tenue des policiers. La logique qui sous-tend cet ajustement académiquement délétère explique l’irruption spectaculaire dans l’espace médiatique local de pseudo-philosophes dont l’hystérie leur fait par exemple perdre de vue que la philosophie est surtout l’ « amour de la sagesse ». Pour cette raison, elle sacrifie au devoir de respecter les normes civiles et éthiques en vigueur, tout en collaborant intelligemment à leur amélioration. Même Diogène le cynique dont ces pseudo-philosophes revendiquent illégitimement l’héritage parce qu’il éprouvait une aversion insurmontable à l’égard des conventions sociales, estimait beaucoup Socrate pour la très grande sagesse dont il faisait preuve tant dans sa vie privée que dans sa vie publique.

Après s’être laissés dévorer par la passion d’exister aussi, au besoin par l’appétit du scandale et la félonie des agents doubles, ces « intellectuels faussaires » (l’expression est de Pascal Boniface) jouent, malgré leurs nombreux handicaps rhétoriques et les multiples conflits qu’ils entretiennent non seulement avec la grammaire et la syntaxe, mais aussi avec l’éthique et la déontologie, aux éclaireurs d’un peuple camerounais qui serait conceptuellement sous-développé, civiquement attardé et éthiquement arriéré.

De quelle contribution au développement du Cameroun l’Université est-elle encore capable dans le cadre d’un Enseignement supérieur qui se trompe de destin et de dessein, en croyant notamment devoir rivaliser de compétence avec les Renseignements généraux ?

 

Prof. Lucien AYISSI

Université de Yaoundé 1 (Cameroun)

 

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28 septembre 2021 2 28 /09 /septembre /2021 20:11

Lorsqu’un peuple fait face, comme c’est le cas de celui du Cameroun, à des difficultés qui survivent à sa volonté de les résoudre, il finit par espérer que celles-ci seront surmontées grâce à l’action providentielle d’un messie qu’on se représente individuellement et collectivement comme un grand et bienveillant thaumaturge.

Lassés d’être sous la domination babylonienne, gréco-romaine ou assyrienne, en plus de l’épreuve de la captivité en Égypte, les Hébreux ont fini par attendre que Yahvé leur envoie un messie avec pour mission de les libérer politiquement de la domination dont ils étaient souvent l’objet.

Il n’y a donc rien de neuf sous un soleil condamné à rendre compte, sous la lumière inextinguible de ses puissants projecteurs, de la prédisposition des peuples, en situation de crise, à solliciter l’intervention thaumaturgique d’un messie qu’un dieu omnipotent, omniprésent et omniscient peut charger de la mission de sauver un peuple en détresse.

La conséquence de cette mentalité magico-religieuse est, entre autres, l’irruption de faux messies sur les scènes sociopolitiques fort critiques. Si les Hébreux qui s’accordaient à croire qu’il leur fallait un messie pour les sortir de la sujétion dont ils étaient constamment l’objet dans l’histoire ont pu douter du statut messianique de Jésus, c’est à cause de l’imposture de faux messies dont ils ont eu l’expérience.

Politiquement, le peuple camerounais attend qu’un messie le libère de la domination des maîtres politiquement si déterminants qu’ils lui imposent cyniquement leurs préférences sympathiques et s’autorisent à consolider leur règne dans des plateformes mafieuses et sectaires où ceux qui espèrent qu’il leur sera donné un strapontin sociopolitique doivent impérativement prendre leur inscription.

L’approche messianique dont il s’agit ici, et qui est remarquable dans toute société considérablement en crise, n’a rien de pertinent. Elle est simplement symptomatique de l’ampleur de la crise sociopolitique qui sévit dans une Cité. Profitant de la pauvreté caractéristique de la mémoire collective, ceux qui ont collaboré au maintien de l’ordre dont ils dénoncent maintenant les tares, se présentent aujourd’hui comme des messies investis de la mission de libérer le peuple camerounais de la domination à la consolidation de laquelle ils ont pourtant œuvré en tant que ceci ou cela.

S’il veut accéder à la pleine jouissance de sa souveraineté contre un ordre politiquement et économiquement établi par des mafiosi et des sectaires avides et considérablement violents, le peuple camerounais doit d’abord procéder à l’identification et à la dénonciation de tous ces faux messies qui prétendent pouvoir le sauver.

 

Prof. Lucien AYISSI

Université de Yaoundé 1 (Cameroun)

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27 septembre 2021 1 27 /09 /septembre /2021 14:46

« On ne joue pas avec le feu » est une locution bien connue, mais que Maurice Rat, l'auteur du célèbre Dictionnaire des locutions françaises n’a pas jugé utile de répertorier parmi celles qui peuvent susciter des problèmes de compréhension, tant son sens est évident.

Le RDPC, que les mauvaises langues appellent « le parti des flammes », compte tenu de l’image de la flamme qui figure dans son logo, semble aujourd’hui jouer avec le feu au sens propre de cette expression. En figurant le feu parmi les symboles qui constituent son logo, le RDPC ne s’est pas, un seul instant, imaginé que certains de ses militants pouvaient, à travers des flambées de colère, donner à ce symbole une signification politique de nature ignée. C’est pourtant ce qu’on déplore avec la récente opération de renouvellement des organes de base de ce parti. Certains Rdépcistes naguère tout feu tout flamme pour les idéaux de leur parti, font aujourd’hui preuve de pyromanie envers ce dont la construction doit pourtant survivre à la possible disparition de ce grand parti dans le « gouffre d’une barbarie » politique considérablement dévastatrice.

Le fait que des Rdépcistes frustrés aient pris leurs éruptions de colère et leurs flambées de violence pour des formes de revendication pertinentes suscite, même en marge du « parti des flammes », ces quelques interrogations : démocratie et pyromanie sont-elles compatibles, au point qu’on puisse jouer à la fois au démocrate et au pyromane ? Si le parti au pouvoir se met en flammes sous la barbe de son charismatique président national, que nous est-il permis d’espérer, en termes de prospective, quand ce dernier ne pourra plus présider au destin de ce grand parti ?

Ceux qui tiennent désormais à animer par le feu la dynamique du RDPC se trompent de méthode et de dessein. En recourant au symbole du feu, les fondateurs du RDPC voulaient certainement doter ce parti d’un esprit prométhéen. Prométhée a, par philanthropie, volé le feu aux dieux pour le donner aux hommes, non pas pour qu’ils mettent l’humanité en flammes, mais afin qu’ils puissent l’éclairer suffisamment et en assurer, par conséquent, la promotion grâce à l’énergie vivifiante du feu.

 

Prof. Lucien AYISSI

Université de Yaoundé 1 (Cameroun)

 

 

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24 septembre 2021 5 24 /09 /septembre /2021 15:17

‘‘So sorry to see increased violence in Cameroon Anglophone conflict. I’ve warned for years that if not resolved conflict will get deadlier and spread. There is no military solution. What’s in the human spirit cannot be extinguished with force.’’ C’est le message empreint de bienveillance et fort teinté d’humanisme qu’il a posté, le 21 septembre 2021, dans son compte Twitter. La traduction qu’en donne Opera News est la suivante : « Je suis désolé de voir la violence accrue dans le conflit anglophone au Cameroun. J’ai prévenu depuis des années que si le conflit n’est pas résolu, il deviendra plus meurtrier et s’étendra. Il n’y a pas de solution militaire. Ce qui est dans l’esprit humain ne peut être éteint par la force. »

On peut penser que les États-Unis qui ont vécu la triste expérience de la guerre de Sécession sont très bien placés pour dispenser aux autres pays du monde les leçons politiques qu’ils ont tirées d’une pareille guerre et leur dévoiler les stratégies qu’ils ont élaborées pour la gagner.

Mais comment peut-on interpréter la défaite des Sudistes à la lumière du tweet de Monsieur Tibor Nagy ? Autrement dit, pourquoi les Sudistes américains ont-ils été militairement contraints à rester dans l’union ? Ou bien, il n’y avait rien dans leur esprit qui pût les motiver à faire valoir efficacement leurs desseins politiques, ou bien les vainqueurs avaient réussi l’exploit singulier d’éteindre par la force la flamme idéologique des confédérés. On peut donc penser que si la guerre de Sécession américaine ne s’est pas amplifiée et n’a pas été davantage meurtrière, c’est pour l’une ou l’autre de ces deux raisons.

À moins de penser, à partir des hypothèses tout à fait improbables, que les Sudistes ont été militairement défaits soit parce qu’ils n’avaient pas d’esprit, soit parce que leur esprit était vide de tout contenu idéologique, on a vraiment du mal à bien comprendre l’expression du pacifisme bienveillant d’un responsable politique de l’État le plus belliciste du monde.

En plus, le syndrome de Cassandre dont semble souffrir Monsieur Tibor Nagy est très inquiétant : comment sait-il que la guerre du NOSO s’étendra dans l’espace et sera plus meurtrière dans le temps ? Seul un pyromane peut se prononcer pertinemment aussi bien sur l’ampleur de l’incendie qu’il a provoqué que sur l’étendue des dégâts qu’il peut occasionner. Enfin, la sémantique de pyromane à laquelle recourt Monsieur Nagy, lorsqu’il se sert notamment du verbe « éteindre », le dénonce comme tel.

 Ce qu’on attend peut-être d’un Tibor Nagy ou d’autres âmes apparemment capables de la même bienveillance et du même humanisme, ce ne sont pas des leçons de pompier-pyromane, mais plutôt celles qui peuvent permettre d’éviter que le monde soit constamment le théâtre macabre de ce que Homère appelait tantôt la « mêlée brutale », tantôt la « mêlée atroce ».

Ce qui est sûr, c’est que les États-Unis d’Amérique sont très mal placés pour dispenser aux autres États souverains des leçons politiques propices à la réalisation de « la paix perpétuelle » dans notre monde.

 

Prof. Lucien AYISSI

Université de Yaoundé 1 (Cameroun)

 

 

 

 

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22 septembre 2021 3 22 /09 /septembre /2021 14:56

Si l’intitulé de cette petite réflexion s’inspire du célèbre ouvrage de Maurice Clavel, intitulé : Nous l’avons tous tué ‘‘ce Juif de Socrate !...’’, ce n’est pas dans le dessein de remettre en cause la nationalité grecque de cet illustre philosophe. Socrate qui est, pour nous, la figure emblématique de la philosophie, était, à n’en point douter, un Grec. Mais l’universalité de cette figure, pourtant ethniquement bien identifiée, est telle qu’en plus des Grecs, les Juifs, les Africains, y compris les Afghans peuvent philosophiquement se reconnaître à travers elle.

Pour rappel, Socrate a honorablement assumé ses devoirs de citoyens jusqu’au bout, car il a bien rempli sa fonction hoplitique, dans la mesure où il a été aussi soldat, ce qui prouve qu’on peut être à la fois philosophe et militaire. S’il n’a pas marqué son accord pour le plan d’évasion concocté par son ami, le riche Criton, c’est parce qu’il respectait les institutions athéniennes à l’amélioration desquelles il collaborait pourtant astucieusement, patiemment et efficacement, afin que la Cité soit politiquement réglée sur le modèle du Cosmos.

Ce ne sont pas les sophistes, ces petits agitateurs en mal de populisme, doublés, en bons pragmatistes, de pécheurs en eaux troubles, qui ont fait évoluer politiquement et éthiquement la Cité. Les penseurs qui ont réussi à le faire, ce sont plutôt les philosophes qui ont, à la suite de Socrate, su et pu patiemment élaborer des utopies subversives par rapport à un statu quo politiquement et éthiquement en demande de correction.

Si les « légataires universels » de Socrate ont su et pu apporter à cette noble demande, des réponses pertinentes articulées, par exemple, autour de l’élaboration de la Charte des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, c’est parce qu’ils étaient à la fois conceptuellement très bien outillés et idéologiquement armés de convictions sans équivoque.

La philosophie conforme aux « idoles du forum » (idola theatri) peut-elle être, par rapport à la problématique de la bonification de la gouvernance de la Cité, pourvue de la même efficacité que celle des membres du clan de Socrate ?

Si j’exprime mon doute à travers cette question rhétorique, c’est que les « philosophes » de Facebook ne sont que de penseurs de parade et de façade. Leur exhibitionnisme pseudo-intellectuel est loin d’être éthiquement et politiquement aussi porteur que l’approche réellement philosophique des membres du clan socratique. La jactance, l’arrogance et l’outrecuidance avec lesquelles ils s’adressent aux autres citoyens sont évidemment empreintes de présomption. La fatuité et l’enflure sur le mode desquelles se manifeste leur ego sont précisément ce que condamnait Socrate, convaincu que cela faisait inévitablement le lit de la dictature. Le philosophe n’est pas non plus un énergumène, c’est-à-dire celui qui, parce que possédé par une volonté étrangère à son propre pouvoir d’élire ou de choisir, se constitue, en toute hétéronomie, porte-parole ou porte-voix de celle-ci.

Souvenons-nous que beaucoup de disciples de Platon, formés à l’Académie de ce dernier, sont devenus des tyrans. Alexandre le Grand qui a eu pour précepteur le très célèbre Aristote a marqué sa préférence pour un bellicisme politiquement contre-productif. Il n’est donc pas assuré que les « philosophes » de Facebook doivent être plus honorés que d’autres, au seul motif qu’ils se rapportent au politique et à la Cité avec beaucoup de suffisance, d'arrogance, de jactance et d'outrecuidance,  qui méritent d'ailleurs d'être établies, à en juger par les nombreux rapports conflictuels qu’ils ont déjà avec la grammaire et l’arithmétique élémentaires. S’il est avéré qu’ils sont d’intelligence avec la police locale, dans le dessein de jouir régulièrement des dividendes qui reviennent aux fidèles mouchards de l’ordre établi, leur prétention d’éclairer les consciences populaires apparaît alors comme un véritable bluff idéologique et politique.

 

Prof. Lucien AYISSI

Université de Yaoundé 1 (Cameroun)

 

 

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21 septembre 2021 2 21 /09 /septembre /2021 09:58

Armé jusqu’aux dents, et pouvant également se servir de celles-ci comme armes additionnelles, en cas de besoin, le gifleur se serait autorisé à infliger au sycophante une leçon mémorable dans la journée du 20 de ce mois et de cette année. Pour justifier à cette punition à laquelle il aurait recouru, suivant son caprice et non conformément aux normes publiques de référence censées régir une République digne de ce nom, le gifleur aurait tablé sur la l’addiction du sycophante à la provocation inconsidérée, son refus d’obtempérer, sa passion pour l’invective et la calomnie, son incitation à l’insurrection.

Face à ces multiples chefs d’accusation, le sycophante allèguerait qu’il peut s’autoriser tout cela en vertu de son statut. Ce dernier lui donnerait le droit de dénoncer ce qu’il prend pour les tares de la Cité, et même de vouer un culte à Éris, la déesse de la discorde. Fort du privilège dont il croit devoir jouir du fait de son statut d’« expert en discernement », le sycophante pense pouvoir s’arroger le droit de transgresser les normes civiles en vigueur, au motif qu’elles relèveraient d’un conformisme castrateur et d’un conventionnalisme néfaste au progrès de la Cité.

Dans l’un et l’autre cas, on assiste évidemment à la fictionnalisation du droit et, par conséquent, à la mise à la casse des normes publiques de référence sans lesquelles nous serions tous de petites « brutes anthropomorphes » qui se dévoreraient dans une jungle dominée par une sévère crise de l’humanité et de la citoyenneté.

 

Prof. Lucien AYISSI

Université de Yaoundé 1 (Cameroun)

 

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